Noise (Extracts) / Editions Isabelle Sauvage, 2015

by Stéphane Korvin


Noise (Extracts) / Editions Isabelle Sauvage, 2015

For a long time repeat it, don’t start it, stun it, the place, the countdown, with the hands crafting discreet bandages

 

I know what we should do, lean on one another, be a cylinder, collect the light, read what locks us in, the infirmity, not spread it too soon, the days are so long, they sleep in the palm along vertigo thoughts

 

the night is made of sand, this will soon pass, the fires, the borders of black hangings, the interrupted sleep

 

If I had an abstract on life I would offer it to you instead of struggling underneath the ground

 

the mouth and its errands, one never knows how it recovers, it eats the offspring up

 

*

 

Like everybody else, the exhausting material, the mechanism for love, the almanacs cannot come to our rescue, as we spin around a tenuous impression

 

our malleoli collide, the journeys recur closely, the chairs play at  hollowing out and opening wide, nothing comes to meet, here strikes

 

the letters settle in, little by little they shape flowers, drop caps, the head becomes infatuated, it alone does not crackle

 

the colors withdraw and collapse on the joists, a small heart snaps while the bird comes in

 

two or three weeks: they remain silent, go by and dangle

if I knew how to speak, I would whisper to you « tune your dreams » but blood veils what we own

It bleeds, it does not rain, men have long arms, they hide methods to film, search for circles, shapes for later on, gaps and cable lengths, we crease, we elide

 

I don’t see anything from over here, only it’s such a godsend all these layers of solitude, they play on infinite grounds

 

men are phylacteries with their tops, bones and shapes, women stay in the woods (word, thought and shout)

 

I learn how to film, it is a narrative burning outside, they put make-up on children, they lose them among the chairs

 

on the verge of backing out, they speak hastily, they shrink

 

the forth week, I dread to learn how to die, but it’s only a dream, these two hands grabbing me, their dark skin from once in a while

Translated by Maria Hanea Raluca

Noise (Extraits) / Editions Isabelle Sauvage, 2015

Longtemps le répéter, ne pas le commencer, l’étourdir, le lieu, le décompte, avec les mains qui fabriquent ces jours-ci des pansements discrets

 

je sais ce qu’il faut faire, s’accoter, être un cylindre, collecter la lumière, lire ce qui enferme, l’infirmité, ne pas la répandre trop vite, les jours sont si longs, ils dorment dans la paume avec des idées de vertige

 

la nuit faite en sable, ça passera, les incendies, le bord des tentures noires, le sommeil en pointillé

 

si j’avais un abrégé de vie je te l’offrirais au lieu remuer sous terre

 

la bouche et ses commissions, on se sait jamais comment elle se refait, elle mange ses enfants

 

*

 

Comme tout le monde, l’épuisante matière, la machine à aimer, les almanachs ne sont d’aucun secours, nous tournons autour d’une impression ténue

 

nos malléoles se heurtent, les voyages sont serrés, les chaises jouent à creuser et s’évaser, rien accueille, ici heurte

 

les lettres se logent, petit à petit elles forment des fleurs, des lettrines, la tête s’éprend, toute seule elle ne crépite pas

 

les couleurs se retirent et tombent jusqu’aux solives, un petit cœur claque quand l’oiseau entre

 

deux ou trois semaines : elles se taisent, passent et pendulent

 

si je savais parler je te glisserais « accorde tes rêves » mais le sang voile tout ce qui nous revient

 

Il saigne, il ne pleut pas, les hommes ont les bras longs, ils cachent des méthodes

 

à filmer, chercher des cercles, des formes pour plus tard, des trouées et des encablures, on plisse, on s’élide

 

d’ici je ne vois rien, seulement c’est une aubaine ces registres de solitude, ils jouent une infinité de terrains

 

les hommes sont des phylactères avec leurs pointes, leurs arêtes et leurs formes, les femmes restent en forêt (parole, pensée et cri)

 

j’apprends à filmer, c’est un récit tout ce qui brûle dehors, on maquille les enfants, on les perd entre les chaises

 

au bord de se retirer, ils parlent avec précipitation, ils s’amenuisent

 

la quatrième semaine, j’ai peur d’apprendre à mourir, mais c’est un rêve, ces deux mains qui empoignent, leur peau sombre de temps en temps

Stéphane Korvin