35. 36. 37 / Now that days go uninterrupted

by Stéphane Korvin


35. 36. 37 / Now that days go uninterrupted

 

35.

 

Thick nap

although with eyes open, slightly.

 

At times, your lashes drip with light, just like scraps of painted shadows.

At times I lose my mind on the blindside of your neck.

 

Coffee does not make any difference, soaking the body, pushing the fiddly strain backwards.

 

A scrap of paper lays nearby, white, limply.

I draw a few well outlined pinpoints.

Sad faces.

 

Then I go back to your place, worn out:

reading, calling you, waiting for the night

swelling out space, take out the shutters

snuggle beneath the sheets

 

Adding to the bed unmade my undone body

my tremendously

longing body.

 

36.

 

Today we will not go to work

we will go on overlapping one another

amid the disastrous bleakness of the day

popping our heads out from the silos to have a crazy laugh.

 

(if love is what this is about)

 

37.

 

(cover)

 

How much we wished we hadn’t woken up this morning.

 

Come back on this experimental body we attempt on the sidelines of our little discoveries.

 

To keep your spirits up you played imitating my hands, I tried my woman’s look.

 

Under the rain, yesterday, hardly heavier than in dreams, I committed to definitive sentences.

 

Feeling: it tears apart in my ears a recurring music. It overflows from all sides.

 

A scream as if built with regret.

 

Little remorse like cut off heads, black nails.

 

And often I wish to fall asleep inside the credits of a film

without breaking the day into the night.

 

I don’t feel sleepy.

Translated by Maria Hanea Raluca

35. 36. 37 / Maintenant que les jours vont se succédant (inédit)

35.

 

Sieste épaisse

quoique les yeux ouverts, pas de beaucoup.

 

Parfois tes cils ruissellent de lumière, ce sont des bribes d’ombres peintes.

 

Parfois je perds la tête à revers de ton cou.

 

Le café ne change rien, imprégnant le corps, repoussant une fatigue minutieuse.

 

Un morceau de papier est posé à côté, blanc, mollement.

Je tire quelques têtes d’épingles très dessinées.

Des visages tristes.

 

Puis rentrant chez toi déserté :

lire, t’appeler, attendre la nuit

bomber l’espace, retirer les volets

me nicher dans les draps

 

Ajoutant au défait du lit mon corps défait

mon corps énormément

appelant.

 

36.

 

Aujourd’hui nous n’irons pas travailler

nous continuerons à nous déborder

dans la blancheur catastrophique du jour

sortant la tête de nos silos pour rire follement.

 

(s’il est question d’amour)

 

37.

 

(reprise)

 

Ce matin nous aurions tant aimé ne pas nous réveiller.

 

Revenir sur ce corps expérimental que nous tentons en marge de nos petites découvertes.

 

Pour te donner du courage tu jouais à mimer mes mains, je tentais un regard de femme.

 

Dans la pluie, hier, à peine plus lourde qu’en rêve, je m’engageais dans des phrases définitives.

 

Pour impression : cela déchire dans mes oreilles une musique de récidive. Cela déborde de tous les côtés.

 

Un cri comme bâti avec quelques repentirs.

 

Quelques repentirs comme têtes coupées, ongles noirs.

 

Et l’envie de m’endormir souvent dans un générique de film sans discontinuer le jour dans la nuit.

 

Je n’ai pas sommeil.

Stéphane Korvin