L’orage est passé

comme un cri

brûlot de nuages sur papier de nuit

 

J’abandonne la grange

qui me fut tanière

non loin, une ombre

rassemble en hâte

l’ardoise éparpillée

les rameaux jonchant la cour

 

Et quand ma poitrine à timbale

cogne sous le ciel

me reviennent ces camps

passés loin de ma mère

d’interminables étés

dans l’immensité de l’enfance.

 

*

 

Bien des siècles plus tard

l’odeur de fin de siège

laissée par la foudre

n’a rien perdu de son âpreté

ni de sa jeunesse

j’ai toujours douze ans

dans mon corps fatigué

 

Je m’en vais par les vapeurs

et les forêts hirsutes

serrant tout contre moi

cet instinct de lumière

qui rôde en silence

dans les chenaux de ma mémoire.

© François-Xavier Maigre, Dans la poigne du vent (Éditions Bruno Doucey, 2012)