Nous profanons d’éblouissants confins

des clochers fantômes sur des toits de grès

 

Villages transis au vent qui couve encore

de si vastes plaines qu’on n’en voit pas le bout

 

Des champs de blé, des champs de stèles

où veillent nos ancêtres

 

Rêverie feutrée à la vitre des trains

transhumance affranchie de son but

 

Nous en oublions ta saveur, terre de patience

et bientôt nous aurons tout perdu

 

L’épaule du chemin où se conforter

la rive insoupçonnée qui mène à l’enfance.

© François-Xavier Maigre, Dans la poigne du vent (Éditions Bruno Doucey, 2012)